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Marché des talents

Un salarié trouve son salaire trop bas ? Guide RH avec scripts

Quand un salarié estime que son salaire est trop bas, les RH ont besoin d'une réponse reproductible : vérifier le compa-ratio et les pairs, comparer correctement au marché, décider avec un arbre clair, bien mener l'entretien et tout documenter pour la directive européenne sur la transparence salariale.

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Gros plan sur deux mains tenant ouvert un portefeuille en cuir noir vide avec quelques cartes glissées à l'intérieur

Quand un salarié estime que son salaire est trop bas, les RH doivent faire trois choses, dans cet ordre : prendre acte de la préoccupation et fixer une date de réponse, la vérifier avec des données (d’abord l’équité interne, puis un benchmark de marché correctement apparié), et décider et expliquer selon des critères que vous appliqueriez à toute personne dans la même situation. La réponse peut être une augmentation, un plan ou un non clair, mais jamais une supposition.

Ce guide explique comment vérifier le compa-ratio, la pénétration dans la fourchette et les pairs, pourquoi l’argument « le marché paie mieux » exige une comparaison rigoureuse, propose un arbre de décision pour les cas sous le marché, au marché et au-dessus du marché, des scripts d’entretien, les options en l’absence de budget, les risques des contre-offres, et la façon dont la directive européenne sur la transparence salariale change ces conversations une fois transposée en droit national. Il inclut aussi des données TalentUp sur la dispersion des salaires affichés pour un même intitulé de poste dans un même pays.

Points clés

  • Traitez « mon salaire est trop bas » comme une question de données avec une échéance : prenez acte, analysez et répondez à une date fixée.
  • Vérifiez d’abord l’équité interne (compa-ratio, pénétration dans la fourchette, pairs de même niveau), puis le marché apparié par poste, niveau et localisation.
  • Dans les données 2026 de TalentUp, le 75e percentile des salaires affichés est généralement environ 50 % plus élevé que le 25e percentile pour un même intitulé dans un même pays : une seule offre d’emploi ne prouve pas grand-chose.
  • Utilisez un arbre de décision : sous-payé et performant, on ajuste ; au marché, on explique de façon transparente et on montre une trajectoire ; au-dessus du marché, on parle d’évolution, pas d’augmentation.
  • Les contre-offres sont un dernier recours et doivent passer les mêmes contrôles de fourchette et de pairs que toute autre décision salariale.
  • Une fois la directive transposée en droit national, les salariés pourront demander la rémunération moyenne par sexe pour un travail de même valeur, et la charge de la preuve en matière de discrimination salariale passera à l’employeur : documentez chaque décision.

Première réponse : que dire quand un salarié aborde sa rémunération

La première réponse donne le ton de tout le processus. Un salarié qui dit que sa rémunération est trop basse y réfléchit généralement depuis des semaines, souvent après avoir vu une offre d’emploi, échangé avec un recruteur ou appris ce que gagne un collègue. Lors de ce premier échange, votre objectif n’est pas de décider mais de recueillir les bonnes informations et de vous engager sur un processus.

Posez trois questions :

  1. Sur quoi repose cette préoccupation ? Une offre d’emploi, une proposition, un site de salaires, la rémunération d’un pair, une évolution des responsabilités, le coût de la vie ?
  2. À quel poste et à quel niveau vous comparez-vous ? « Product manager » recouvre des métiers très différents, tout comme « senior ».
  3. À quoi ressemblerait un résultat juste pour vous ? Cela vous indique si l’écart est de 3 % ou de 30 %, et si la rémunération est le vrai sujet.

Donnez ensuite une date précise de retour, généralement sous deux à quatre semaines. « On regardera au prochain cycle » sans date érode la confiance plus vite qu’un non clair. Si le salarié évoque une offre externe, demandez-lui le calendrier, mais ne la laissez pas court-circuiter l’analyse ci-dessous.

Étape 1 : vérifier l’équité interne (compa-ratio, pénétration dans la fourchette, pairs)

Commencez par l’interne. Les données internes sont celles que vous maîtrisez, celles auxquelles les pairs se compareront et celles que la directive examinera.

Indicateur Formule Ce qu’il indique Lecture habituelle
Compa-ratio Salaire ÷ point médian de la fourchette (ou référence de marché) Position par rapport à votre ligne de politique salariale Entre 0,90 et 1,10 environ, on considère généralement être « dans la politique » ; en dessous de 0,85, cela mérite un examen approfondi
Pénétration dans la fourchette (Salaire − minimum de la fourchette) ÷ (maximum − minimum de la fourchette) Progression dans la bande Une pénétration faible est normale pour un nouvel arrivant, pas pour un profil expérimenté et performant
Comparaison avec les pairs Rémunération vs collègues de même niveau effectuant le même travail ou un travail de même valeur Équité interne Les écarts doivent reposer sur une raison objective : ancienneté dans le poste, performance, périmètre, localisation
Temps depuis la dernière révision Mois écoulés depuis la dernière augmentation Dérive De longues périodes sans révision dans un marché qui bouge expliquent souvent le problème

Un compa-ratio bas ne prouve pas à lui seul une sous-rémunération : un salarié recruté il y a six mois à 0,88 peut se situer exactement là où votre politique le prévoit. En revanche, un salarié expérimenté et bien évalué à 0,85 alors que ses pairs sont à 1,00 est un signal d’alerte en matière d’équité interne, et potentiellement d’écart de rémunération entre femmes et hommes si le schéma se répète dans un groupe. Nos guides sur la pénétration dans la fourchette et sur l’équité interne face aux salaires du marché détaillent les calculs.

Vérifiez aussi si le problème vient du salarié ou de la bande. Si plusieurs personnes d’un même niveau sont positionnées bas, ou si les nouvelles recrues arrivent au-dessus des salariés en poste, vous faites face à un tassement des salaires, et corriger un seul salaire provoquera la prochaine réclamation.

Étape 2 : vérifier correctement le marché (données TalentUp)

« Le marché paie mieux » est l’argument le plus fréquent, et souvent l’élément de preuve le plus faible. Une offre d’emploi montre la proposition d’un seul employeur pour une version d’un poste. Un même intitulé recouvre des niveaux de séniorité, des périmètres, des secteurs, des tailles d’entreprise et des villes différents : la rémunération affichée pour un même intitulé dans un même pays varie beaucoup.

~50 %

d’écart typique entre le 25e et le 75e percentile des salaires affichés pour un même intitulé dans un même pays

+75 %

pour les account managers en France et en Italie

+38 %

pour la médiane de Londres vs le reste du Royaume-Uni dans les offres d’ingénieur logiciel

18,4 %

des offres en Belgique promettent un salaire « compétitif » ou « aligné sur le marché » sans aucun chiffre

Source : base de données d'offres d'emploi TalentUp, janvier–septembre 2026. Contrats salariés avec un salaire annuel structuré ; voir la méthodologie ci-dessous.

Sur 22 combinaisons poste-pays disposant de suffisamment de données, le 75e percentile des salaires affichés est environ 50 % plus élevé que le 25e percentile (médiane des cellules). Les postes commerciaux et tech sont les plus dispersés, les postes administratifs le moins.

Intitulé de poste Royaume-Uni Espagne France Italie Pays-Bas
Comptable 36 k£–53 k£ (+47 %, n≈820) 26 k€–35 k€ (+35 %, n≈80) 31 k€–46 k€ (+46 %, n≈170) 31 k€–40 k€ (+28 %, n≈450) 54 k€–76 k€ (+41 %, n≈200)
Ingénieur logiciel 60 k£–95 k£ (+58 %, n≈860) n.d. n.d. 40 k€–65 k€ (+62 %, n≈180) 64 k€–101 k€ (+59 %, n≈160)
Chef de projet 47 k£–66 k£ (+42 %, n≈810) 32 k€–45 k€ (+39 %, n≈200) n.d. 30 k€–49 k€ (+61 %, n≈190) 54 k€–77 k€ (+43 %, n≈90)
Account manager 31 k£–49 k£ (+58 %, n≈760) 24 k€–36 k€ (+52 %, n≈210) 41 k€–72 k€ (+75 %, n≈90) 34 k€–60 k€ (+75 %, n≈110) n.d.
Commercial 28 k£–46 k£ (+63 %, n≈1 530) 22 k€–39 k€ (+73 %, n≈170) n.d. n.d. 38 k€–61 k€ (+62 %, n≈90)
Assistant administratif 24 k£–28 k£ (+18 %, n≈130) 18 k€–23 k€ (+27 %, n≈1 310) 23 k€–28 k€ (+24 %, n≈400) n.d. n.d.

Salaire annuel affiché, du 25e au 75e percentile (P75 vs P25 entre parenthèses). n.d. = échantillon trop petit ou dominé par quelques employeurs.

La localisation compte autant que l’intitulé. Au Royaume-Uni, le salaire médian affiché pour les ingénieurs logiciel est d’environ 103 000 £ à Londres (n≈110) contre environ 75 000 £ ailleurs (n≈750), et pour les chefs de projet d’environ 69 000 £ contre 55 000 £.

Concrètement : un comptable en Espagne qui gagne 30 000 € et trouve une offre à 35 000 € se situe toujours dans la moitié centrale du marché. Cette offre à elle seule ne prouve pas une sous-rémunération. Un vrai benchmark apparie le contenu du poste, le niveau, la localisation et, idéalement, la taille de l’entreprise et le secteur, et compare ce qui est comparable (salaire de base vs rémunération totale en numéraire). Notre méthodologie explique comment TalentUp apparie les postes, et le European Salary Benchmark Report fournit des points de référence entre pays.

Les offres d’emploi vagues ajoutent du bruit. Dans un échantillon d’environ 22 500 offres d’emploi de 2026, la part de celles qui promettent un salaire « compétitif », « attractif » ou « aligné sur le marché » sans indiquer aucun chiffre était de 18,4 % en Belgique, 17,6 % en Allemagne, 15,9 % en Irlande, 11,8 % en Espagne et au Portugal, 8,9 % au Royaume-Uni, 8,7 % aux Pays-Bas, 7,0 % en Pologne, 5,6 % en Italie et 5,4 % en France. Les salariés ne peuvent pas se comparer à ces offres, et vous non plus.

Arbre de décision : sous le marché, au marché ou au-dessus du marché

Une fois les éléments internes et de marché réunis, la décision devient beaucoup moins personnelle. Utilisez le même arbre pour tout le monde et notez la branche retenue.

Constat Éléments typiques Performance et risque Action recommandée
Sous-payé par rapport au marché et aux pairs Compa-ratio inférieur à environ 0,85, faible pénétration dans la fourchette malgré l’expérience, sous le P25–P50 du marché apparié Performance solide ou élevée Ajustement marché ou équité, hors cycle si le risque de départ est élevé ; fixer une date si le budget impose d’attendre
Écart d’équité interne Au marché ou proche, mais en dessous des pairs de même niveau sans raison objective Toute Ajustement d’équité ; vérifier si l’écart se répète selon le sexe ou le groupe
Le poste a dépassé son niveau Le périmètre, la taille de l’équipe ou les responsabilités correspondent désormais à un niveau supérieur Performance au nouveau niveau Révision du niveau ou de l’intitulé avec la nouvelle fourchette, pas une augmentation dans l’ancienne bande
Au marché, équitable vs les pairs Compa-ratio autour de 0,95–1,05, dans la fourchette du marché apparié Toute Partager les données et les critères, expliquer la trajectoire de progression et la prochaine date de révision
Sous la fourchette mais nouvel arrivant ou en développement Arrivée récente ou pas encore pleinement opérationnel En développement Expliquer la progression prévue dans la fourchette, avec des jalons
Au-dessus du marché ou en haut de fourchette Compa-ratio supérieur à environ 1,10, forte pénétration dans la fourchette Toute Pas d’augmentation du salaire de base ; parler de promotion, de périmètre, de développement ou de rémunération variable

Deux règles garantissent l’honnêteté de l’arbre. D’abord, la performance change la vitesse, pas la destination : un salarié sous-payé et peu performant doit tout de même être amené au bas de la fourchette si l’écart n’a pas de raison objective. Ensuite, le risque de départ change le calendrier, pas les critères : si vous n’ajusteriez pas un salarié discret dans la même situation, n’ajustez pas celui qui se plaint le plus fort.

Comment mener l’entretien : scripts

L’entretien de retour doit expliquer la décision, les critères et les données, dans cet ordre. Organisez-le en privé, prévoyez au moins 30 minutes, et alignez le manager et les RH en amont.

Situation Ce qu’il faut dire Ce qu’il ne faut pas dire
Ouverture « Merci d’avoir soulevé ce point. Nous avons comparé votre rémunération à votre bande, aux collègues de même niveau et aux données de marché actuelles pour votre poste et votre ville. » « Tout le monde pense être sous-payé. »
Ajustement accepté « Les données montrent que vous étiez en dessous de là où nous voulons positionner les personnes de votre niveau. Nous corrigeons cela à X € à partir du [date]. » « On vous fait une faveur » ou « N’en parlez à personne. »
Au marché « Vous êtes à [compa-ratio/position] dans la fourchette, ce qui correspond au marché pour ce poste ici. Voici ce qui fait progresser la rémunération : [critères]. Nous la réexaminerons en [mois]. » « C’est tout ce que le budget permet » (sans aucune donnée).
Pas maintenant, mais légitime « Vous avez raison, il y a un écart. Nous ne pouvons pas le combler entièrement ce trimestre ; nous faisons [X] maintenant et nous réexaminons en [mois], par écrit. » « On verra au prochain cycle. »
Le salarié cite un collègue « Je ne peux pas parler du salaire de quelqu’un d’autre, mais je peux vous expliquer comment la rémunération est fixée pour votre niveau et comment la vôtre se compare à la moyenne. » « Il a mieux négocié » ou « Il a plus de valeur. »
Le salarié cite une offre d’emploi « Regardons-la ensemble : niveau, localisation, taille de l’entreprise et s’il s’agit du salaire de base ou de la rémunération totale. Voici ce que montrent nos données appariées. » « Les offres mentent. »

Évitez trois pièges : promettre avant d’avoir l’accord, comparer avec des collègues nommés et justifier une rémunération par des raisons que vous ne mettriez pas par écrit (talent de négociateur, « il a demandé en premier », situation familiale). Avec les règles de transparence salariale, les raisons qui ne sont ni objectives ni neutres du point de vue du genre deviennent un risque.

Quand un candidat trouve votre offre trop basse

La même logique s’applique au recrutement. Vérifiez que votre fourchette est à jour pour le poste, le niveau et la localisation, présentez le package complet (fixe, variable, avantages) et positionnez-vous dans la fourchette en fonction des compétences démontrées du candidat, pas de son salaire précédent. Là où la directive a été transposée, les employeurs ne peuvent pas interroger les candidats sur leur historique de rémunération. Voir comment répondre aux prétentions salariales des candidats dans le cadre de la directive et les offres d’emploi avec salaire transparent.

Que faire quand il n’y a pas de budget

Une demande légitime sans budget est fréquente, surtout lorsque les budgets d’augmentation salariale 2027 se maintiennent autour de 2–3 % dans la majeure partie de l’Europe. Les options, de la plus forte à la plus faible :

  • S’engager sur une date et un montant. « Nous vous amènerons à X € lors du cycle d’avril » est une vraie réponse si elle est écrite et tenue.
  • Préfinancer sur le prochain cycle. Réservez une partie du budget d’augmentations au mérite aux corrections d’équité documentées avant de répartir les augmentations au mérite.
  • Échelonner l’ajustement. Comblez la moitié de l’écart maintenant et l’autre moitié à la prochaine révision, lorsque l’écart est important.
  • Versement ponctuel. Une prime de fidélisation ou une prime exceptionnelle peut combler un écart temporaire, mais elle ne corrige ni le salaire de base, ni la retraite, ni les augmentations futures.
  • Révision du niveau ou de l’intitulé. Si le poste a pris de l’ampleur, une promotion avec une nouvelle fourchette règle le problème de façon structurelle.
  • Leviers non salariaux. Flexibilité, congés supplémentaires, budget formation ou plan de développement sont utiles lorsque la rémunération est déjà juste, pas comme substitut à une sous-rémunération manifeste. Consultez notre liste d’alternatives à une augmentation de salaire.

Dites clairement quelle option vous utilisez et pourquoi. Un salarié nettement sous le marché à qui l’on propose seulement une formation entendra « non » et agira en conséquence.

Contre-offres : quand elles fonctionnent et quand elles se retournent contre vous

Une contre-offre est une décision salariale prise dans les pires conditions : peu de temps, des données incomplètes et un interlocuteur qui a déjà décidé de partir. Elle peut être le bon choix, mais les risques sont bien connus :

  • Elle règle rarement la cause. On démissionne pour le salaire, mais aussi à cause de son manager, de ses perspectives d’évolution ou de sa charge de travail. L’argent ne résout pas ces problèmes.
  • Elle récompense la démission. Si la seule façon d’obtenir une augmentation est une offre externe, les autres apprendront à en obtenir une.
  • Elle crée de l’iniquité interne. La personne qui a menacé de partir se retrouve au-dessus de pairs de même niveau qui ne l’ont pas fait, un écart difficile à justifier par des critères objectifs.
  • Elle montre que la rémunération était mal fixée. Si vous trouvez l’argent maintenant, le salarié demandera pourquoi vous ne l’avez pas fait avant.

Si vous faites une contre-offre, appliquez les mêmes tests qu’à tout autre ajustement : le nouveau salaire est-il dans la fourchette du niveau, cohérent avec les pairs et étayé par des données de marché appariées ? Si oui, c’est une correction que vous auriez déjà dû faire, et vous devez vérifier si des pairs ont besoin de la même correction. Si non, la contre-offre crée plus de problèmes qu’elle n’en résout.

Documenter les décisions pour la directive européenne sur la transparence salariale

La directive européenne sur la transparence salariale (2023/970) devait être transposée au plus tard le 7 juin 2026 ; ses obligations s’appliquent via les lois nationales à mesure que chaque État membre la transpose (voir où en est chaque pays). Pour les conversations du type « mon salaire est trop bas », quatre dispositions comptent le plus :

Disposition Ce qu’elle implique pour les conversations sur la rémunération
Structures de rémunération (art. 4) La rémunération doit reposer sur des critères objectifs et non sexistes, comme les compétences, les efforts, les responsabilités et les conditions de travail.
Critères de fixation et de progression de la rémunération (art. 6) Les employeurs doivent rendre facilement accessibles aux travailleurs les critères utilisés pour déterminer la rémunération, les niveaux de rémunération et la progression de la rémunération (les États membres peuvent exempter les employeurs de moins de 50 travailleurs de la partie progression).
Droit à l’information (art. 7) Les travailleurs peuvent demander, par écrit, leur niveau de rémunération individuel et les niveaux de rémunération moyens, ventilés par sexe, des travailleurs effectuant le même travail ou un travail de même valeur. L’employeur doit répondre dans un délai de deux mois au plus tard, informer chaque année les travailleurs de ce droit et ne peut pas les empêcher de divulguer leur propre rémunération afin de faire respecter l’égalité de rémunération.
Charge de la preuve (art. 18) Lorsqu’un travailleur présente des faits laissant présumer une discrimination salariale, c’est à l’employeur de prouver qu’il n’y en a pas eu.

En pratique, un salarié qui trouve son salaire trop bas pourrait bientôt arriver avec une réponse au titre de l’article 7 montrant que la moyenne de sa catégorie est plus élevée, ou que l’écart entre femmes et hommes l’est. Le reporting renforce encore la visibilité : les employeurs de 250 travailleurs ou plus déclarent leurs écarts de rémunération entre femmes et hommes chaque année à partir du 7 juin 2027, ceux de 150 à 249 tous les trois ans à partir de 2027, et ceux de 100 à 149 tous les trois ans à partir du 7 juin 2031. Un écart inexpliqué de 5 % ou plus dans une catégorie, non corrigé dans les six mois, déclenche une évaluation conjointe des rémunérations.

Ce qu’il faut documenter à chaque fois

Tenez un registre court et homogène pour chaque demande salariale :

  • La date, l’auteur de la demande et les éléments apportés.
  • Les données internes utilisées : bande, compa-ratio, pénétration dans la fourchette, comparaison avec les pairs.
  • Les données de marché utilisées : source, appariement du poste et du niveau, localisation, date.
  • La branche de l’arbre de décision et les critères objectifs qui la fondent.
  • Le résultat, le montant, la date d’effet, la personne qui a validé et la prochaine date de révision.

Ce registre vous protège en cas de litige, vous permet de repérer des tendances (qui demande, qui obtient des ajustements, par sexe et par groupe) et alimente votre audit d’équité salariale. Pour l’ensemble des obligations, consultez notre guide de la directive européenne sur la transparence salariale et la page de ressources sur la transparence salariale.

Éviter le prochain « mon salaire est trop bas »

Les décisions salariales réactives, guidées par les réclamations, favorisent ceux qui demandent. Quelques habitudes réduisent le nombre de demandes et rendent celles que vous recevez plus faciles à traiter :

  • Benchmarkez les postes clés au moins une fois par an, et plus souvent pour les familles de métiers où le marché évolue vite.
  • Publiez les critères de rémunération et de progression, et expliquez à chacun où il se situe dans sa fourchette.
  • Réalisez un contrôle d’équité avant chaque cycle de révision, et réservez un budget pour les corrections.
  • Formez les managers à utiliser les scripts ci-dessus et à faire remonter les cas plutôt qu’improviser.
  • Surveillez la rémunération des nouvelles recrues par rapport à celle des salariés en poste pour détecter tôt le tassement, et menez un cycle de révision salariale structuré.

Les offres TalentUp donnent aux équipes RH et rémunération des benchmarks par poste, niveau et ville dans toute l’Europe, pour que la réponse à la prochaine demande salariale parte des données.

Sources

Questions fréquentes

Que doivent faire les RH en premier quand un salarié dit que son salaire est trop bas ?

Remerciez le salarié, demandez-lui sur quoi repose sa préoccupation et engagez-vous à examiner la situation en fixant une date précise pour le retour. N'acceptez ni ne rejetez la demande sur-le-champ : il vous faut d'abord des données internes et de marché.

Comment savoir si un salarié est réellement sous-payé ?

Comparez sa rémunération avec la fourchette de son niveau (compa-ratio et pénétration dans la fourchette), avec celle des pairs qui effectuent le même travail ou un travail de même valeur, et avec un benchmark de marché apparié par poste, niveau et localisation. Un salarié est sous-payé lorsqu'il se situe nettement en dessous de sa fourchette et du marché apparié sans raison objective comme l'ancienneté dans le poste ou la performance.

Comment un manager doit-il répondre à une demande d'augmentation ?

Écoutez, demandez les éléments qui fondent la demande, évitez les promesses et les comparaisons avec des collègues nommés, et donnez une date de réponse. Lorsque vous répondez, expliquez la décision avec les critères et les données utilisés ; si la réponse est non, dites ce qui pourrait la faire évoluer et quand la rémunération sera réexaminée.

Que peuvent proposer les RH s'il n'y a pas de budget pour une augmentation ?

Donnez une date de révision précise, envisagez un versement ponctuel si l'écart est temporaire, et utilisez des leviers non salariaux comme la flexibilité, le développement ou une révision du niveau si le poste a pris de l'ampleur. Soyez honnête : ces mesures ne remplacent pas le salaire de base lorsque le salarié est nettement sous le marché.

Faut-il faire une contre-offre quand un salarié démissionne ?

Seulement si le salarié était déjà sous-payé par rapport à votre fourchette et au marché, et que vous l'auriez corrigé de toute façon. Les contre-offres règlent rarement les raisons des départs, récompensent la démission plutôt que le dialogue et peuvent créer entre pairs des écarts de rémunération difficiles à justifier au regard des règles de transparence salariale.

La directive européenne sur la transparence salariale donne-t-elle aux salariés le droit de connaître le salaire de leurs collègues ?

Pas les salaires individuels. Une fois transposé en droit national, l'article 7 permet aux travailleurs de demander leur niveau de rémunération individuel et les niveaux de rémunération moyens, ventilés par sexe, des travailleurs effectuant le même travail ou un travail de même valeur ; l'employeur doit répondre dans un délai de deux mois.

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Écrit par

Albert Mercadé Laborda

Responsable marketing

Albert dirige le marketing et la croissance de TalentUp, à la croisée des ressources humaines, de la rémunération et des avantages sociaux et de la transparence salariale. Il transforme les données salariales de TalentUp en guides pratiques qui aident les équipes RH et Total Rewards à se comparer au marché, à bâtir des structures de rémunération équitables et à se préparer à la directive européenne sur la transparence salariale.

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