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Rémunération

Alternatives à l'augmentation de salaire : que proposer à la place ?

Pas de budget d'augmentation ne veut pas dire rien à offrir. Douze alternatives à l'augmentation de salaire, ce que coûte chacune, les plafonds d'exonération des avantages dans cinq pays européens et ce que les employeurs proposent réellement en 2026.

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Silhouettes de cinq personnes célébrant au sommet d'une colline sous un ciel nuageux au coucher du soleil

Les meilleures alternatives à l’augmentation de salaire sont une prime exceptionnelle, davantage de congés payés, le télétravail ou des horaires flexibles, un budget de formation individuel, une évolution de carrière visible et des avantages fiscalement avantageux comme les titres-restaurant, la prise en charge des transports ou la complémentaire santé. Aucune ne remplace un salaire juste, mais lorsque le budget d’augmentation est gelé, elles permettent aux RH de récompenser, de résoudre des problèmes précis et de gagner du temps sans alourdir durablement la masse salariale.

La question n’est pas seulement de savoir quoi proposer à la place d’une augmentation, mais à qui et pour combien de temps. Un salarié payé 15 % en dessous du marché ne restera pas pour une semaine de congés en plus ; un salarié bien payé qui veut passer moins de temps dans les transports peut préférer deux jours de télétravail à une augmentation de 2 %. Ce guide présente les 12 options qui fonctionnent, ce que coûte chacune, les plafonds d’exonération dans cinq pays européens et les données TalentUp sur les avantages que les employeurs mettent réellement en avant en 2026.

Points clés

  • Vérifiez d’abord le positionnement marché : les alternatives fonctionnent pour les personnes payées autour du marché, pas pour celles qui sont nettement en dessous.
  • Une prime exceptionnelle coûte moins cher qu’une augmentation du même montant, car elle ne se cumule pas d’une année sur l’autre.
  • Dans l’échantillon d’offres d’emploi 2026 de TalentUp, le télétravail ou le travail hybride apparaît dans 15 à 47 % des offres selon le pays, mais un budget de formation dédié dans moins de 2 % des offres dans la plupart des pays : un moyen simple de se démarquer.
  • Les avantages fiscalement avantageux peuvent apporter plus de valeur nette par euro que le salaire, dans des limites nationales strictes.
  • Au sens de la directive européenne sur la transparence salariale, les avantages font partie de la rémunération : accordez-les selon des critères objectifs et non sexistes.

Quand une alternative à l’augmentation fonctionne (et quand elle ne fonctionne pas)

Avant de choisir quoi proposer, cherchez à comprendre pourquoi le salarié demande une augmentation. Il existe trois situations courantes, et seules deux d’entre elles ont une réponse non salariale.

Situation Ce qui se passe vraiment Une alternative non salariale fonctionne-t-elle ?
La rémunération est nettement inférieure au marché pour le poste, le niveau et la localisation Le salarié a une meilleure offre, ou en aura bientôt une Non. Comblez l’écart, même par étapes ; les alternatives ne font gagner que quelques mois
La rémunération est proche du marché, mais le salarié se sent sous-estimé Problème de reconnaissance, de charge de travail, d’évolution ou d’équité Oui. La reconnaissance, l’évolution de carrière, le temps et la flexibilité agissent sur la cause
La rémunération est correcte, mais les dépenses ou la situation personnelle ont changé Inflation, trajets, garde d’enfants, nouveau logement Souvent. Les avantages fiscalement avantageux, le télétravail ou les horaires flexibles aident directement

Impossible de distinguer ces situations sans données. Comparez le salaire de chaque personne avec la rémunération actuelle du marché pour le même poste, la même séniorité et la même localisation, et regardez où elle se situe dans sa fourchette : notre guide sur le taux de pénétration dans la fourchette explique comment lire cette position, et notre article sur l’équilibre entre équité interne et salaires du marché explique quoi faire quand les deux divergent. Avec une inflation qui continue d’éroder les salaires réels dans plusieurs pays, il vaut aussi la peine de vérifier si une « petite » augmentation n’est pas en réalité une baisse de salaire réelle.

12 alternatives à l’augmentation de salaire comparées

Le tableau classe les options les plus courantes selon ce qu’elles coûtent à l’employeur et le problème qu’elles résolvent. « Récurrent » signifie que le coût se répète chaque année, comme une augmentation.

Alternative Coût pour l’employeur Idéal pour Points de vigilance
Prime exceptionnelle Versement unique Récompenser une très bonne année sans relever le salaire de base Ne corrige pas une rémunération inférieure au marché
Jours de congé payés supplémentaires Temps de travail perdu, pas de dépense directe Risque d’épuisement, salariés à forte ancienneté À enregistrer et appliquer de façon cohérente
Jours de télétravail ou travail hybride Faible ; peut réduire les coûts de bureaux Longs trajets, aidants familiaux Le poste doit le permettre
Horaires flexibles Quasi nul Parents, personnes ayant des contraintes fixes Nécessite des plages fixes claires
Semaine compressée ou réduite Risque pour la productivité si mal conçue Fidélisation des profils expérimentés Droit local du temps de travail
Budget de formation individuel Montant annuel fixe Salariés ambitieux, lacunes de compétences Un budget non utilisé signale un manque de temps pour apprendre
Perspective de promotion ou élargissement du périmètre Faible aujourd’hui, plus élevé ensuite Hauts potentiels en attente d’une étape Un titre sans rémunération peut se retourner contre vous
Titres-restaurant ou indemnité repas Récurrent, souvent avantageux fiscalement Équipes sur site et hybrides Plafonds nationaux par jour
Avantage transport ou mobilité Récurrent, souvent avantageux fiscalement Salariés qui font des trajets domicile-travail En général limité aux transports en commun ou au vélo
Assurance santé privée Récurrent Familles, pays où les délais d’attente dans le public sont longs Plafonds fiscaux par personne
Actionnariat salarié ou intéressement Dilution ou partage des bénéfices Fidélisation à long terme Valeur incertaine pour le salarié
Programme de reconnaissance Faible Sentiment de ne pas être reconnu Des félicitations génériques ont peu d’effet

Les sections ci-dessous expliquent comment bien utiliser chaque groupe.

Une prime exceptionnelle plutôt qu’une augmentation permanente

Un versement unique est le substitut le plus proche d’une augmentation et le plus facile à faire valider. Le calcul explique pourquoi la direction financière le préfère : une augmentation de 2 000 € est versée chaque année, relève la base de toutes les futures augmentations en pourcentage et fait souvent augmenter les heures supplémentaires, les cotisations retraite et les indemnités de départ ; une prime de 2 000 € n’est versée qu’une fois. Rendez les critères explicites, pour qu’elle ne ressemble pas à un cadeau discrétionnaire accordé à celui qui a insisté le plus fort. Pour les options de conception, consultez nos guides sur les structures de primes, la fréquence des primes et les primes de participation aux bénéfices.

Le temps : jours de congé supplémentaires et semaines plus courtes

Le temps est l’avantage que les salariés comprennent immédiatement. Les formes les plus courantes sont des jours de congés annuels supplémentaires, un jour de congé pour son anniversaire, des horaires d’été ou des vendredis allégés. Dans l’échantillon d’offres d’emploi 2026 de TalentUp, les offres proposant des jours supplémentaires ou 25 jours de congés ou plus sont fréquentes en Allemagne (19,4 %) et au Royaume-Uni (17,5 %), mais rares en Espagne, au Portugal ou en Italie : en Europe du Sud, des jours de congé supplémentaires permettent donc encore à un employeur de se distinguer.

La flexibilité : télétravail et horaires flexibles

Le télétravail ou le travail hybride est l’avantage non salarial le plus mis en avant sur presque tous les marchés analysés, de 14,6 % des offres en Belgique à 46,6 % en Pologne. Les horaires flexibles sont moins souvent mentionnés, sauf en Allemagne (26,9 % des offres), où la Gleitzeit est une pratique ancienne. Pour les salariés qui ont de longs trajets ou des personnes à charge, deux jours de télétravail ou des horaires d’arrivée flexibles peuvent valoir davantage qu’une petite augmentation. Notre guide sur les politiques d’horaires flexibles présente les règles juridiques et pratiques.

Budget de formation et évolution de carrière

Un budget de formation individuel est le signal le plus clair que l’entreprise investit dans l’avenir d’une personne, et il reste rare : moins de 2 % des offres en mentionnent un dans la plupart des pays de notre échantillon, à l’exception des Pays-Bas (6,1 %) et de la Pologne (7,4 %). Quelques centaines d’euros par an, plus le temps de les utiliser, constituent une offre crédible pour des salariés ambitieux.

L’évolution de carrière compte encore plus pour les hauts potentiels qui demandent une augmentation parce qu’ils se sentent bloqués. Proposez un parcours défini vers le niveau suivant : les critères, le calendrier et la fourchette de salaire qui s’appliquera une fois l’étape franchie. Méfiez-vous d’un nouveau titre sans nouvelle rémunération : si les responsabilités augmentent et pas le salaire, vous avez créé un problème d’équité salariale au lieu d’en résoudre un. Des fourchettes de salaire bien conçues facilitent beaucoup ces conversations.

Avantages fiscalement avantageux

Dans de nombreux pays européens, une partie du package peut être versée sous forme d’avantages partiellement ou totalement exonérés d’impôt sur le revenu : cartes repas, titres de transport en commun, assurance santé, garde d’enfants ou petits avantages en nature. Comme le salarié paie peu ou pas d’impôt dessus, chaque euro d’avantage peut valoir plus en net qu’un euro de salaire. Les plafonds sont stricts et propres à chaque pays ; voir la section suivante.

Reconnaissance et incitations de long terme

Quand le problème est de se sentir peu reconnu plutôt que mal payé, une reconnaissance précise et rapide de la part des managers et des collègues est le levier le moins coûteux ; les études sont résumées dans notre article sur ce qui se passe quand une entreprise valorise vraiment ses salariés. Pour les personnes clés que vous devez fidéliser pendant plusieurs années, envisagez des incitations de long terme acquises progressivement plutôt qu’une augmentation aujourd’hui.

Ce que les employeurs proposent à la place du salaire : données TalentUp 2026

Pour savoir quelles alternatives les employeurs utilisent réellement pour attirer des candidats, TalentUp a analysé le texte d’un échantillon aléatoire d’environ 19 000 offres d’emploi publiées entre janvier et septembre 2026 dans dix pays européens.

46,6 %

des offres d’emploi en Pologne mentionnent le télétravail ou le travail hybride

26,9 %

des offres en Allemagne mentionnent des horaires flexibles

32,2 %

des offres en Belgique mentionnent des chèques-repas

<2 %

des offres dans la plupart des pays mentionnent un budget de formation dédié

Source : base de données d'offres d'emploi TalentUp, janvier–septembre 2026, ~19 000 offres avec description complète. Estimations minimales, voir la méthodologie ci-dessous.

Pays Télétravail ou hybride Horaires flexibles Congés supplémentaires / 25 jours ou plus Titres-restaurant ou indemnité repas Budget de formation Assurance santé
Espagne 27,8 % 14,9 % 3,8 % 6,2 % 1,9 % 16,7 %
Allemagne 19,3 % 26,9 % 19,4 % 3,2 % 1,0 % 0,7 %
France 17,9 % 2,6 % 8,5 % 12,6 % 0,6 % 20,1 %
Italie 16,5 % 6,5 % 0,5 % 10,1 % 0,3 % 4,9 %
Royaume-Uni 20,2 % 4,3 % 17,5 % 0,9 % 0,6 % 7,4 %
Pays-Bas 19,9 % 8,1 % 3,3 % 0,3 % 6,1 % 5,9 %
Portugal 33,8 % 6,3 % 3,8 % 9,7 % 1,5 % 19,7 %
Pologne 46,6 % 17,2 % 2,7 % 3,0 % 7,4 % 36,3 %
Irlande 23,3 % 3,3 % 5,7 % 1,2 % 0,8 % 9,2 %
Belgique 14,6 % 5,8 % 3,1 % 32,2 % 1,1 % 19,9 %

Trois tendances sont utiles pour décider quoi proposer à la place d’une augmentation :

  • Le télétravail n’a pas disparu. Par rapport à la même période de 2024, la part des offres mentionnant le télétravail ou le travail hybride a augmenté aux Pays-Bas (de 13,9 % à 19,9 %) et au Portugal (de 24,8 % à 33,8 %) et est restée stable en Espagne (27,8 % les deux années), tandis qu’elle a reculé en Allemagne (de 22,7 % à 19,3 %) et en France (de 20,1 % à 17,9 %). Là où les concurrents réduisent la voilure, maintenir la flexibilité est en soi un facteur de différenciation.
  • Les avantages suivent la fiscalité. Les titres-restaurant sont la norme en Belgique, en France, en Italie et au Portugal, où ils bénéficient d’un traitement fiscal favorable, et sont quasiment absents des offres britanniques, irlandaises et néerlandaises. L’assurance santé privée est surtout mise en avant en Pologne, en France, en Belgique, au Portugal et en Espagne ; en France, la complémentaire santé (mutuelle) est une obligation légale pour les employeurs privés, elle en dit donc moins sur la générosité de l’employeur.
  • Les budgets de développement sont le grand absent. Un budget de formation dédié est l’avantage le moins mis en avant dans tous les pays analysés, alors qu’il est peu coûteux et répond directement aux salariés qui demandent une augmentation parce qu’ils ont le sentiment de ne pas progresser.

Plafonds d’exonération des avantages en Europe en 2026

La valeur d’un avantage pour le salarié dépend de son traitement fiscal. Voici les principaux plafonds applicables aux alternatives à l’augmentation de salaire les plus courantes dans cinq pays. Ils changent souvent : vérifiez auprès du service paie ou d’un conseiller fiscal avant de promettre un montant net.

Pays Avantage Plafond ou règle 2026
Espagne Carte repas ou tickets restaurant Exonérés d’impôt sur le revenu (IRPF) jusqu’à 11 € par jour travaillé
Espagne Abonnement de transport en commun Jusqu’à 136,36 € par mois, dans la limite de 1 500 € par an
Espagne Assurance santé Jusqu’à 500 € par an et par personne (salarié, conjoint, enfants) ; 1 500 € par personne en situation de handicap
Espagne Formation exigée par le poste, crèche d’entreprise Non imposées comme avantage en nature
Allemagne Avantages en nature (Sachbezug, par ex. bons d’achat, cartes) Exonérés jusqu’à 50 € par mois au total ; à 51 €, la totalité devient imposable
Allemagne Titre ou subvention de transport en commun (Jobticket) Exonéré, s’il est versé en plus du salaire déjà dû
Allemagne Promotion de la santé au travail Exonérée jusqu’à 600 € par an
Allemagne Vélo de fonction Exonéré s’il est fourni en plus du salaire
France Titres-restaurant Part patronale exonérée de cotisations sociales jusqu’à 7,32 € par titre, et uniquement si elle couvre 50 à 60 % de la valeur faciale
Italie Avantages en nature (biens, services, factures d’énergie, loyer ou intérêts d’emprunt de la résidence principale) Exonérés jusqu’à 1 000 € par an, ou 2 000 € avec des enfants à charge (2025–2027)
Royaume-Uni Avantages de faible valeur (trivial benefits) Exonérés si chacun coûte 50 £ ou moins, n’est ni de l’argent ni un bon convertible en espèces, et ne récompense ni le travail ni la performance

Deux règles changent la manière d’utiliser ces avantages :

  • L’Espagne autorise la rémunération flexible (retribución flexible), qui permet au salarié de convertir une partie de son salaire brut en avantages exonérés, mais la rémunération en nature ne peut pas dépasser 30 % du salaire total (Statut des travailleurs, article 26). Le salaire net augmente sans hausse du coût pour l’employeur. L’exonération porte sur l’impôt sur le revenu ; le traitement en matière de cotisations sociales peut être différent, vérifiez-le avec le service paie.
  • En Allemagne, la plupart des exonérations exigent que l’avantage soit versé en plus du salaire déjà dû (zusätzlich zum ohnehin geschuldeten Arbeitslohn). Convertir une partie du salaire existant en Jobticket ou en budget santé ne permet pas d’en bénéficier : ces avantages fonctionnent donc comme un véritable complément, et non comme un échange contre du salaire.

Comment annoncer aux salariés qu’il n’y aura pas d’augmentation cette année

Les alternatives à l’augmentation échouent le plus souvent à cause de la façon dont elles sont présentées. Un PDF sur les fruits offerts envoyé en réponse à une demande d’augmentation dit aux salariés que l’entreprise préfère ne pas parler de rémunération. Une bonne conversation comporte quatre étapes :

  1. Reconnaître la demande et la contrainte. Expliquez pourquoi il n’y a pas de budget d’augmentation pour l’instant (une année difficile, une phase de levée de fonds, un gel au niveau de l’entreprise) sans en faire porter la responsabilité au salarié.
  2. Montrer où se situe sa rémunération. Indiquez comment son salaire se compare au marché et à sa fourchette. S’il est en dessous du marché, dites-le, et dites ce que vous allez faire.
  3. Faire une offre concrète. Choisissez deux ou trois alternatives adaptées à sa situation, avec des montants et des dates, par écrit. Demandez-lui ce qui compte le plus pour lui avant de décider.
  4. Fixer une date de réexamen. Donnez un mois précis pour revoir la rémunération, et tenez-vous-y. Les promesses vagues (« quand la situation s’améliorera ») font plus de dégâts qu’un non clair.

Les avantages font partie de la rémunération au sens de la directive européenne sur la transparence salariale

Les alternatives à l’augmentation de salaire n’échappent pas aux règles d’égalité salariale. La directive (UE) 2023/970 définit la rémunération comme le salaire de base plus « tous autres avantages », payés « en espèces ou en nature » : les primes, indemnités, jours supplémentaires et autres avantages entrent donc dans la comparaison entre femmes et hommes effectuant un même travail ou un travail de même valeur.

C’est particulièrement important pour les avantages négociés individuellement. Si les personnes qui insistent le plus obtiennent une indemnité supplémentaire ou une prime exceptionnelle et pas les autres, vous pouvez créer des écarts inexpliqués sans vous en rendre compte. La date limite de transposition était le 7 juin 2026 ; à mesure que les lois nationales s’appliquent, les employeurs doivent fonder la rémunération, y compris ces éléments, sur des critères objectifs et non sexistes, et la charge de la preuve incombe à l’employeur dans les litiges de discrimination salariale. Les employeurs de 250 salariés ou plus déclarent leur écart de rémunération entre femmes et hommes chaque année à partir du 7 juin 2027, ceux de 150 à 249 salariés tous les trois ans à partir de la même date, et ceux de 100 à 149 salariés tous les trois ans à partir du 7 juin 2031. Si un écart déclaré de 5 % ou plus dans une catégorie de travailleurs n’est ni justifié ni corrigé dans un délai de six mois, une évaluation conjointe des rémunérations est obligatoire.

Règle pratique : consignez par écrit les critères de chaque alternative proposée, appliquez-les à toutes les personnes dans la même situation et conservez-en une trace. Pour savoir où en est chaque pays, lisez notre point sur la loi européenne sur la transparence salariale en 2026 et notre guide sur le benchmarking salarial au service de la transparence salariale. Vous pouvez aussi évaluer gratuitement votre niveau de préparation à la transparence salariale.

Un plan en 5 étapes pour un budget d’augmentation gelé

  1. Positionnez les rémunérations par rapport au marché pour chaque poste, niveau et localisation, et repérez les personnes nettement en dessous. Le European Salary Benchmark Report de TalentUp est un bon point de départ ; notre méthodologie explique comment les données de marché sont construites.
  2. Protégez d’abord les personnes à risque. Utilisez le budget disponible pour des ajustements ciblés en faveur des personnes clés sous-payées, plutôt que pour une petite augmentation pour tous.
  3. Demandez aux salariés ce qui compte pour eux, par une courte enquête ou lors d’entretiens individuels. Les jours de télétravail, les congés et les budgets de formation n’ont pas du tout le même poids d’une équipe à l’autre.
  4. Choisissez trois à cinq alternatives dans le tableau ci-dessus, définissez des critères d’éligibilité clairs et vérifiez le traitement fiscal dans chaque pays.
  5. Communiquez une seule fois, clairement et par écrit, avec une date pour le prochain réexamen des salaires, et suivez les démissions et les refus d’offres pour vérifier si cela a fonctionné.

Quand le budget revient, commencez par les écarts que vous avez documentés. Si vous avez besoin de données de marché par poste, niveau et localisation pour défendre ce dossier auprès de la direction financière, consultez nos offres et tarifs.

Sources

Questions fréquentes

Que proposer à un salarié à la place d'une augmentation ?

Les alternatives à l'augmentation de salaire les plus efficaces sont une prime exceptionnelle, des jours de congé payés supplémentaires, le télétravail ou des horaires flexibles, un budget de formation individuel, une perspective d'évolution claire et des avantages fiscalement avantageux comme les titres-restaurant, la prise en charge des transports ou une complémentaire santé. Choisissez ceux qui répondent au problème réel du salarié et formalisez-les par écrit.

Une prime exceptionnelle vaut-elle mieux qu'une augmentation quand le budget est serré ?

Elle coûte moins cher dans la durée, car une prime est versée une seule fois alors qu'une augmentation est payée chaque année et relève la base des futures augmentations, des heures supplémentaires et des cotisations retraite. Elle récompense la performance passée mais ne corrige pas un salaire inférieur au marché : utilisez-la comme une solution de transition, pas comme une réponse définitive.

Quels avantages sont exonérés d'impôt pour les salariés en Europe ?

Cela dépend du pays. En 2026, on peut citer les cartes repas jusqu'à 11 € par jour travaillé et l'assurance santé jusqu'à 500 € par an et par personne en Espagne, un plafond de 50 € par mois pour les avantages en nature et des titres de transport en commun exonérés en Allemagne, et jusqu'à 1 000 € d'avantages en nature par an en Italie (2 000 € avec des enfants à charge). Vérifiez les règles de paie avant de promettre un montant net.

Comment annoncer à un salarié qu'il n'y a pas de budget pour une augmentation ?

Dites-le directement, expliquez pourquoi, montrez où se situe sa rémunération par rapport au marché et fixez une date pour la réexaminer. Présentez ensuite les alternatives comme une offre concrète, et non comme un substitut à une discussion sur la rémunération.

Quand les alternatives à une augmentation ne suffisent-elles pas ?

Lorsque le salarié est nettement payé en dessous du marché pour son poste, son niveau et sa localisation. Dans ce cas, les avantages ne l'empêcheront pas d'accepter une meilleure offre : la priorité est de combler l'écart, même progressivement.

Les avantages comptent-ils comme rémunération au sens de la directive européenne sur la transparence salariale ?

Oui. La directive définit la rémunération comme le salaire de base plus tous autres avantages, en espèces ou en nature. Les avantages, indemnités et éléments de rémunération complémentaires accordés à certains salariés et pas à d'autres doivent donc reposer sur des critères objectifs et non sexistes dès que les lois nationales s'appliquent.

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Écrit par

Albert Mercadé Laborda

Responsable marketing

Albert dirige le marketing et la croissance de TalentUp, à la croisée des ressources humaines, de la rémunération et des avantages sociaux et de la transparence salariale. Il transforme les données salariales de TalentUp en guides pratiques qui aident les équipes RH et Total Rewards à se comparer au marché, à bâtir des structures de rémunération équitables et à se préparer à la directive européenne sur la transparence salariale.

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